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Budget prévisionnel 2027 : construire le budget de son entreprise (modèle Excel)

Le budget 2027 d’une entreprise traduit la stratégie de l’année en chiffres mois par mois : chiffre d’affaires par offre, masse salariale salarié par salarié, charges, investissements, puis le compte de résultat et le plan de trésorerie qui en découlent. Le travail commence en septembre ou en octobre à partir de l’atterrissage 2026 et se termine par une validation en décembre.

Nous y décrivons la méthode en sept étapes, le calendrier que suivent la plupart des PME avec lesquelles nous travaillons, le modèle Excel gratuit et un exemple chiffré complet.

Télécharger

  • Le modèle : télécharger le budget prévisionnel 2027 sur Excel, gratuit, envoyé par email, avec un exemple déjà saisi.
  • Dedans : chiffre d’affaires par offre, masse salariale par salarié, charges par compte, investissements, compte de résultat mensuel face à 2026, plan de trésorerie avec TVA et délais de paiement, suivi budget et réel.
  • Pour qui : les PME, les ETI et les startups qui préparent leur budget annuel, du dirigeant au directeur financier.

Vous construisez le budget à plusieurs ? Démarrez l’essai gratuit : Budgetic tient le budget, le réel et l’atterrissage au même endroit.

Le calendrier du budget 2027

Période Étape Qui
Septembre Atterrissage 2026 et lettre de cadrage : les objectifs de chiffre d’affaires, de marge et de trésorerie, les grandes priorités Direction générale, direction financière
Octobre Hypothèses commerciales par offre, plan de recrutement, demandes d’investissement Responsables commerciaux et opérationnels
Novembre Charges par compte, première consolidation, arbitrages entre les demandes et le cadrage Direction financière, comité de direction
Décembre Plan de trésorerie, validation par la direction ou le conseil, présentation aux banques si besoin Direction, conseil d’administration
Janvier Budget mensualisé chargé dans l’outil de suivi, premier comparatif avec le réel à la clôture de janvier Contrôle de gestion

Pour un exercice qui ne suit pas l’année civile, décalez le calendrier : il faut environ trois mois entre le cadrage et la validation.

Construire le budget en sept étapes

  1. Partir de l’atterrissage 2026. Le réel des mois clos, plus une estimation des mois restants : c’est la base de comparaison de chaque ligne. Un budget construit sur le budget de l’an dernier plutôt que sur le réel reconduit les erreurs.
  2. Fixer le cadrage. Trois ou quatre objectifs chiffrés suffisent : croissance du chiffre d’affaires, taux de marge, EBE, trésorerie minimale. Ils servent à arbitrer quand la somme des demandes dépasse ce que l’entreprise peut financer.
  3. Chiffrer le chiffre d’affaires par offre. Pour chaque offre, un volume et un prix : des projets, des contrats récurrents, des jours facturés, des unités vendues. Placez les volumes mois par mois pour faire apparaître la saisonnalité, et associez à chaque offre son coût direct (achats, sous-traitance) pour obtenir la marge.
  4. Construire la masse salariale salarié par salarié. C’est souvent le premier poste de charges. Partez du brut annuel de chacun, appliquez les augmentations, datez les créations de poste et les départs, ajoutez les charges patronales. Une moyenne par service masque l’effet d’une embauche en septembre plutôt qu’en janvier.
  5. Budgéter les charges par compte. Reprenez chaque compte de l’atterrissage, appliquez une évolution justifiée (indexation du loyer, hausse de l’énergie, nouveau logiciel) et placez au bon mois les dépenses qui tombent en une fois : assurance, CFE, salon.
  6. Prévoir les investissements et leur financement. Montant, mois d’achat, durée d’amortissement : le compte de résultat ne voit que la dotation, la trésorerie voit tout le décaissement. Mettez en face l’emprunt, l’apport ou le crédit-bail qui le finance.
  7. Passer à la trésorerie et arbitrer. Décalez les encaissements et les paiements des délais réels, ajoutez la TVA, les remboursements d’emprunt, l’impôt sur les sociétés et les dividendes. Si le point bas de l’année descend sous le seuil fixé au cadrage, revenez aux étapes 3 à 6 avant de valider.

Quelle méthode budgétaire choisir ?

Méthode Principe Quand l’utiliser
Reconduction ajustée L’atterrissage de l’année, corrigé des évolutions connues Charges stables et récurrentes : loyers, assurances, abonnements
Budget base zéro Chaque dépense est justifiée à partir de zéro, sans référence à l’année passée Postes discrétionnaires ou à réduire : marketing, déplacements, conseil
Par les inducteurs Volume multiplié par un prix ou un coût unitaire Chiffre d’affaires, coûts directs, effectifs liés à l’activité
Descendante ou ascendante Objectifs fixés par la direction, ou remontées des responsables consolidées En pratique les deux : un cadrage descendant, des propositions ascendantes, un arbitrage

Le modèle Excel combine les trois premières : les inducteurs pour le chiffre d’affaires et la masse salariale, la reconduction ajustée pour les charges par compte, et une colonne d’évolution que l’on peut remettre à zéro pour justifier un poste en base zéro.

Ce que contient le modèle Excel

  • Paramètres : premier mois de l’exercice, taux de TVA et de charges patronales, délais de paiement des clients et des fournisseurs, trésorerie et soldes d’ouverture.
  • Chiffre d’affaires : jusqu’à huit offres, avec prix unitaire, coût direct en pourcentage et volumes mensuels.
  • Masse salariale : quarante lignes, une par salarié ou par poste à créer, avec hausse, date d’entrée et date de sortie. L’effectif se calcule chaque mois.
  • Charges : trente comptes, avec atterrissage 2026, évolution, rubrique (avec ou sans TVA, impôts et taxes) et mois de dépense pour les charges ponctuelles.
  • Investissements et financement : achats, amortissements linéaires, emprunts, intérêts, impôt sur les sociétés payé, dividendes.
  • Compte de résultat : de la marge brute au résultat net, mois par mois, face à l’atterrissage 2026 avec l’écart en valeur et en pourcentage.
  • Trésorerie : encaissements et paiements décalés des délais, TVA reversée le mois suivant, point bas de l’année et son mois.
  • Suivi budget-réel : le réel des mois clos face au budget, l’écart à date et un atterrissage révisé.

Le modèle reste volontairement simple : pas de bilan, pas de stocks, une seule entité. La TVA y est calculée sur les factures et reversée le mois suivant. Faites valider l’impôt et la TVA par votre expert-comptable.

Exemple : le budget 2027 d’Arvel Technologies

Le fichier est livré avec le budget d’une entreprise fictive : Arvel Technologies installe des lignes de production, les maintient sous contrat, intervient en dépannage et forme les équipes de ses clients. Elle compte 25 salariés au 1er janvier 2027 et prévoit deux créations de poste (un technicien de maintenance en avril, un chargé d’affaires en septembre) et un départ en juin.

Compte de résultat Atterrissage 2026 Budget 2027 Évolution
Chiffre d’affaires 3 620 k€ 3 995 k€ +10,4 %
Marge brute 2 450 k€ (67,7 %) 2 713 k€ (67,9 %) +10,8 %
Charges externes 718 k€ 752 k€ +4,9 %
Masse salariale chargée 1 491 k€ 1 576 k€ +5,7 %
EBE 184 k€ (5,1 %) 325 k€ (8,1 %) +77,0 %
Résultat net 66 k€ 168 k€ +156,0 %

Le fichier montre que 45 % du chiffre d’affaires vient des contrats de maintenance, qui passent de 120 à 142 dans l’année. Ce revenu récurrent se budgète plus sûrement que les projets d’installation, dont le montant varie d’un mois à l’autre. Comme la masse salariale augmente moins vite que le chiffre d’affaires (+5,7 % contre +10,4 %), l’EBE passe de 5,1 % à 8,1 % du chiffre d’affaires, soit l’objectif de marge fixé au cadrage. Tenir cet objectif dépend surtout de la masse salariale.

La trésorerie part de 380 k€ et finit l’année à 438 k€, mais son point bas tombe en septembre, à 336 k€. Septembre encaisse les factures d’août, le mois creux de l’activité, et paie en même temps le logiciel de gestion (54 k€ TTC) et un acompte d’impôt sur les sociétés. Le budget annuel ne montre rien de ce creux : seul le plan de trésorerie mensuel le fait apparaître, et permet de décider à l’avance de décaler l’achat du logiciel ou de tirer l’emprunt plus tôt.

Pendant l’année : suivre et réviser le budget

Un budget validé en décembre sert de référence toute l’année. À chaque clôture mensuelle, on compare le réel au budget, on explique les écarts significatifs, puis on révise l’atterrissage : le réel des mois clos, plus la prévision des mois restants. L’onglet Suivi budget-réel du modèle fait ce calcul pour le chiffre d’affaires, la marge brute, les charges externes, la masse salariale et l’EBE : il suffit de saisir le réel de chaque mois et le dernier mois clos.

Deux pratiques complètent ce suivi. Le reforecast, une révision formelle de la prévision de fin d’année, en général chaque trimestre ou après un événement important. Le rolling forecast, une prévision glissante qui garde toujours douze mois devant soi, plutôt que de s’arrêter au 31 décembre. Notre guide reforecast et rolling forecast détaille les deux, avec un modèle Excel.

Ce que nous observons dans les PME cet automne

Dans les rendez-vous que nous avons eus ces dernières semaines avec des responsables administratifs et financiers, le budget se prépare presque toujours dans des classeurs Excel, y compris dans les entreprises qui ont tenté de le faire dans leur logiciel métier : les équipes finissent par revenir au tableur, parce qu’il suit leur façon de compter. Dans une agence d’événementiel sportif d’une vingtaine de personnes, une quinzaine de collaborateurs (chefs de projet, production, commerciaux) remplissent chacun leur fichier, que la responsable financière ressaisit ensuite. Une faute de frappe suffit alors à faire diverger deux versions d’un même montant, et plus personne ne sait laquelle fait foi.

Le budget d’un projet change aussi plusieurs fois avant la clôture. La même agence tient quatre versions pour chaque événement : la prévision initiale, le budget revu après les discussions avec les partenaires, celui qui intègre les réalités du terrain, puis le budget de clôture. Lorsque l’outil ne conserve pas la version validée, l’écart final se mesure contre la dernière révision et non contre l’engagement de départ.

Le calendrier se joue souvent plus tôt que la préparation du budget elle-même. Chez un industriel accompagné par une directrice financière à temps partagé, les tarifs 2027 se fixent dès septembre et octobre, ce qui suppose de connaître la marge par activité avant d’ouvrir le budget. Dans les plus petites structures, à l’inverse, la trésorerie sert souvent de seul tableau de bord : elle dit si l’argent manque, mais pas quelle activité le consomme.

Quand Excel ne suffit plus

  • Plusieurs personnes contribuent. Chaque responsable envoie sa version du fichier, et la consolidation devient un travail de copier-coller sans historique.
  • Le réel doit être rapproché chaque mois. Recoller la comptabilité sur les lignes du budget à la main prend des jours et casse à chaque changement du plan de comptes.
  • Plusieurs entités ou établissements. Un budget par entité, plus une consolidation, multiplie les fichiers et les liens entre eux.
  • Plusieurs scénarios. Comparer une hypothèse basse et une hypothèse haute impose de dupliquer tout le classeur.

Budgetic se branche sur votre comptabilité, sans la remplacer, pour tenir le budget, le rapprochement du réel, le pilotage de plusieurs entités et l’analytique, et ouvre ces données aux agents IA.

Questions fréquentes

Quelle différence entre budget et prévisionnel ?

Le prévisionnel financier projette l’entreprise sur plusieurs années, souvent trois à cinq, pour une création, une levée de fonds ou un emprunt. Le budget détaille la prochaine année mois par mois ; il engage la direction, et on le compare ensuite au réel. Le budget 2027 est la première année du prévisionnel, au niveau de détail qui permet de le suivre.

Quand commencer le budget 2027 ?

En septembre ou en octobre pour un exercice calé sur l’année civile : l’atterrissage 2026 est alors assez fiable, et il reste le temps de deux allers-retours avec les responsables avant une validation en décembre. Une entreprise qui clôt en juin suit le même calendrier décalé de six mois.

Le budget doit-il être en HT ou en TTC ?

Le compte de résultat se construit en HT : la TVA n’est ni une charge ni un produit pour une entreprise qui la récupère. Le plan de trésorerie se construit en TTC, avec le reversement de la TVA au Trésor, parce que c’est l’argent qui sort réellement du compte.

Que faire quand le réel s’écarte du budget en cours d’année ?

Garder le budget validé comme référence et réviser l’atterrissage : le réel des mois clos, plus le budget ou une nouvelle prévision pour les mois restants. C’est le reforecast. L’écart au budget explique ce qui s’est passé, l’atterrissage dit où l’année va finir.

Faut-il communiquer le budget à sa banque ?

Rien ne l’impose, mais une banque qui finance l’entreprise demande souvent le budget et le plan de trésorerie de l’année, surtout pour un nouvel emprunt ou une ligne de court terme. Un point bas de trésorerie identifié à l’avance se négocie mieux qu’un découvert constaté.

Sources