Le plan de trésorerie prévisionnel place, mois par mois, les encaissements et les décaissements à leur date réelle de paiement, et en déduit la trésorerie disponible en fin de chaque mois. Il répond à une question que le budget ne pose pas : aurons-nous l’argent le jour où il faudra payer ? Une entreprise rentable peut manquer de liquidités ; c’est la première cause de défaillance des PME.
Cette page fournit un modèle Excel gratuit sur douze mois, la méthode pour le remplir, un exemple commenté et les erreurs qui faussent le résultat.
Ce que contient le modèle
- Un mois de départ et une trésorerie initiale à saisir ; les douze colonnes de mois se calent automatiquement.
- Six lignes d’encaissements (ventes et prestations encaissées, subventions et aides, cotisations et dons, remboursement de crédit de TVA, emprunts et apports, autres) et neuf lignes de décaissements (fournisseurs, salaires nets, charges sociales, loyers et abonnements, TVA à décaisser, impôts, remboursements d’emprunt, investissements, autres).
- Le solde de chaque mois, la trésorerie de fin de mois qui devient celle du début du mois suivant, et une synthèse : point bas, mois du point bas, nombre de mois en négatif, nombre de mois sous votre seuil d’alerte, variation sur l’année.
Budget et plan de trésorerie : deux questions différentes
| Document | Question | Unité | Rythme |
|---|---|---|---|
| Budget prévisionnel | L’activité est-elle rentable sur l’exercice ? | Hors taxes, par nature comptable | Annuel, révisé |
| Plan de trésorerie | Aurons-nous assez de liquidités à chaque échéance ? | TTC, à la date de paiement | Mensuel, parfois hebdomadaire |
Une facture de 12 000 € HT émise en mars est un produit de mars dans le budget ; dans le plan de trésorerie, c’est un encaissement de 14 400 € TTC en mai, si le client paie à 60 jours. La TVA collectée est reversée à l’État le mois suivant : elle fait un aller-retour dans la trésorerie que le budget ignore.
Construire le plan en cinq étapes
- Fixez le point de départ. La trésorerie réellement disponible au premier jour : soldes bancaires et caisse, moins les sommes bloquées ou affectées.
- Datez les encaissements. Chiffre d’affaires selon les délais de paiement constatés (et non les délais contractuels), subventions à la date probable de versement, emprunts à la date de déblocage. Séparez le certain du probable.
- Datez les décaissements. Salaires nets chaque mois, charges sociales à leur échéance (mensuelle ou trimestrielle selon votre régime), fournisseurs selon vos délais, TVA, échéances d’emprunt, investissements à la date de règlement.
- Lisez le point bas. Le mois où la trésorerie de fin de mois est la plus basse est celui qu’il faut sécuriser : ligne de trésorerie, acompte client, report d’un investissement, négociation d’un délai fournisseur.
- Mettez à jour chaque mois. Remplacez la prévision échue par le réel bancaire et redatez ce qui a glissé. Un plan de trésorerie de janvier consulté en juin ne vaut plus rien.
Exemple : lire le point bas
L’exemple préchargé décrit une structure qui encaisse environ 256 000 € dans l’année, dont 60 000 € de subventions versées en mars, septembre et décembre, et décaisse environ 250 000 €, avec un investissement de 9 000 € en juin.
| Mois | Janv. | Févr. | Mars | Juin | Août | Sept. | Déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Trésorerie fin de mois | 24 850 € | 15 800 € | 43 450 € | 23 800 € | 7 400 € | 28 650 € | 31 300 € |
L’année finit avec 6 300 € de plus qu’elle n’a commencé, mais le point bas d’août, 7 400 €, passe sous le seuil d’alerte de 10 000 € fixé dans le modèle. Si la subvention de septembre est versée en octobre, le mois de septembre devient négatif. C’est cette information, et pas le résultat annuel, qui commande une action : demander un acompte, décaler l’investissement de juin, ou ouvrir une ligne de trésorerie avant l’été.
Trois scénarios à tester
- Central : les dates les plus probables, votre trajectoire de référence.
- Prudent : encaissements incertains décalés d’un à deux mois, dépenses variables majorées de quelques pour cent. L’écart avec le scénario central mesure la marge de sécurité à conserver.
- Action : les décisions possibles intégrées (acompte, report, financement) pour vérifier qu’elles suffisent à repasser au-dessus du seuil.
Les erreurs qui faussent un plan de trésorerie
- répartir un montant annuel en douze parts égales alors que les flux sont irréguliers ;
- placer une subvention ou une facture à la date de notification plutôt qu’à la date probable de versement ;
- oublier la TVA, les charges sociales trimestrielles, l’impôt sur les sociétés ou la CFE ;
- compter comme disponible une trésorerie affectée ou bloquée ;
- ne jamais remplacer la prévision par le réel, et perdre ainsi la mesure de ses propres erreurs de prévision.
Du tableur au pilotage
Le modèle suffit pour apprendre la méthode et suivre une structure simple. Il devient fragile quand plusieurs entités, plusieurs devises ou plusieurs projets coexistent, quand le plan doit se recalculer à chaque changement d’hypothèse du budget, ou quand il faut le rapprocher des relevés bancaires chaque semaine. Budgetic construit le plan de trésorerie à partir du budget et des échéances, le met à jour avec le réel comptable et le décline par scénario. Les associations trouveront la méthode adaptée à leur cas dans notre guide du plan de trésorerie d’association.
Questions fréquentes
Le plan de trésorerie se fait-il en HT ou en TTC ?
En TTC, puisqu’il suit l’argent qui sort et qui entre. La TVA collectée et déductible apparaît ensuite sur une ligne propre, à la date de son reversement ou de son remboursement.
Sur quel horizon construire le plan ?
Douze mois glissants pour la vision d’ensemble, complétés d’une vue à treize semaines quand les échéances sont serrées. Au-delà de douze mois, on entre dans le plan de financement, qui raisonne en années.
Quelle différence avec un plan de financement ?
Le plan de financement compare, sur plusieurs années, les besoins durables (investissements, remboursements) aux ressources durables (apports, emprunts, capacité d’autofinancement). Le plan de trésorerie travaille au mois, sur les flux réels. Le premier vérifie la structure, le second la liquidité.
